À l’AQANU, la participation à des activités de financement constitue souvent une affaire de famille. Elle l’est devenue pour David Almanor qui, cette année, participerade nouveau avec ses deux enfants à la course de Longueuil le 17 mai prochain.
Enseignant le français depuis 2021 à l’école secondaire Antoine de Saint-Exupéry à Saint-Léonard, David Almanor est né en Haïti.
Il a connu l’AQANU par l’intermédiaire de Jean-Emmanuel Léon alors que tous deux travaillaient à la CNESST. Jean-Emmanuel occupe actuellement la responsabilité du comité AQANU-Montréal.
En 2023, l’enseignant se laissait convaincre de participer à la course de Longueuil, cette activité permettant à l’AQANU d’amasser des fonds pour soutenir la cantine scolaire (maintenant celle de Torbeck en Haïti) avec l’UPA DI.
Dès cette première participation, David savait que son jeune fils, alors âgé de 7 ans, pouvait courir la distance d’un kilomètre. La première année, sa conjointe et sa fillette se tenaient aux abords de la piste pour les encourager. L’an dernier, la fillette se joignait à son père et à son frère. Ils seront encore trois cette année à courir leur kilomètre.
David se souvient d’avoir été touché par le message en créole du t-shirt du 50e anniversaire de l’AQANU : «50 lane ak peizan ayisyen yo» (50 ans de solidarité avec la paysannerie haïtienne). «Ce message me parlait. J’ai suggéré à Jean-Emmanuel l’idée de solliciter des dons auprès de nos proches.»
Cet engagement constitue la moindre des choses que l’on puisse faire pour Haïti, dit-il, manifestant sa gratitude à l’endroit de l’AQANU pour ses initiatives auprès de la population haïtienne.
Résidant au Québec depuis près de 12 ans, c’est le séisme de janvier 2010 qui l’a pour ainsi dire chassé de son pays, lui qui souhaitait y poursuivre ses études en lettres. Le séisme ayant lourdement endommagé l’université qu’il devait fréquenter, il a profité de cette offre de bourse pour étudier à l’Université de Poitiers en France. À ce moment, il envisageait un retour en Haïti.
Mais le retour aurait été difficile, sa ville d’origine, Port-au-Prince était sens dessus dessous et assiégée par les gangs. «Il aurait fallu que je me batte pour rester. J’ai choisi la facilité, me disant que puisque j’étais déjà parti… Je me suis senti comme un traître», confesse-t-il.
Il se retrouve au Québec, y achevant ses études de maîtrise en enseignement du français au secondaire.
La situation actuelle d’Haïti le bouleverse. «C’est infernal. Les mots sont faibles pour décrire ce qui se passe, avec la pression des gangs et des armes dans la capitale. J’ai de la peine et de la souffrance dans chaque goutte de mon sang et dans mon âme, parce que je reste attaché à Haïti, à son passé glorieux. Et je ne fais pas qu’allusion à son indépendance. Par exemple, Haïti a déjà été la première destination touristique dans les Caraïbes. Comment a-t-elle pu descendre aussi bas?»
Il poursuit en disant que les grands besoins de la population haïtienne ne sont malheureusement pas comblés par son gouvernement. «Je ne peux qu’admirer ces organisations, comme l’AQANU, qui répondent aux besoins.»
Peut-être que, oui, reconnaît-il, la cause haïtienne paraît difficile à faire valoir ces années-ci. «Mais la cause reste «vendable», parce qu’on ne doit jamais laisser l’espoir mourir. Et il y a de l’espoir dans ce que fait l’AQANU.»
On peut courir avec David et ses enfants, le dimanche 17 mai prochain, sinon on peut contribuer à l’activité de financement en faisant un don par virement Interac à : tresorerie@aqanu.org ou par chèque à l’adresse suivante : AQANU, 304-473, rue de Cannes, Gatineau, J8V 4E6. Un reçu sera remis pour un montant de 20 $ et plus.
Hélène Ruel
