quand la bande dessinée devient un outil de solidarité internationale
Dans le cadre de la Semaine du développement international (SDI), l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) a procédé au lancement de la bande dessinée Debout pour un monde juste, une œuvre signée par l’illustratrice Nancy Roberge.
Pensée comme un outil de sensibilisation destiné principalement aux jeunes, cette publication invite à réfléchir aux grandes crises contemporaines et à la nécessité renouvelée de la solidarité entre les peuples.
Au cœur de la bande dessinée se trouve Dalie, une jeune femme d’abord marquée par un sentiment d’impuissance face à l’état du monde. À travers son parcours, Nancy Roberge met en scène un malaise largement partagé, notamment chez les jeunes générations, confrontées à la multiplication des crises : urgence climatique, recul des droits humains, conflits armés et inégalités sociales.
«Je trouvais important de connecter à une réalité qui est un peu décourageante, où on se sent impuissant face à la situation dans le monde», explique l’auteure. L’objectif n’est pas de minimiser les obstacles, mais de montrer comment l’indignation et l’émotion peuvent devenir des moteurs d’engagement.»
La bande dessinée s’inspire directement des États généraux de la coopération internationale, tenus en 2025, auxquels Nancy Roberge a participé à titre de facilitatrice graphique. Ces États généraux ont rassemblé près de 1500 personnes issues de la société civile d’ici et d’ailleurs, autour d’une réflexion collective sur l’avenir de la solidarité internationale. De cette démarche est née une déclaration d’engagement appelant à l’action commune, ici et maintenant. Debout pour un monde juste se veut une prolongation visuelle et narrative de ce travail collectif.
L’AQOCI dédie d’ailleurs cette bande dessinée à toutes celles et ceux qui agissent pour un monde plus juste. Une phrase résume l’esprit du projet : «L’impuissance, c’est croire qu’on est seul-e. La solidarité, c’est comprendre qu’on ne l’a jamais été». À travers différentes situations, notamment celle d’un travailleur migrant temporaire qui ne parle qu’espagnol, la BD met en lumière des injustices souvent invisibles, parfois très proches de nous. «Il y a des abus de droits humains dans nos municipalités, sans qu’on en ait toujours conscience », souligne Nancy Roberge.
Destinée aux élèves du secondaire, du cégep — et potentiellement au-delà —, la bande dessinée se présente comme un déclencheur de discussion. « La BD est un outil pour démarrer la conversation. Ce qui compte, c’est ce qu’on en fait, comment on l’anime », insiste l’auteure.
Il est possible de commander des exemplaires de cette bande dessinée à l’AQOCI, elle est également accessible en ligne.
Par son approche visuelle éclatée, inspirée de la facilitation graphique, et par les pistes d’action proposées — partager de l’information vérifiée, s’informer auprès de sources fiables, modifier ses habitudes de consommation, signer des pétitions, participer à des ateliers de sensibilisation, faire du bénévolat —, Debout pour un monde juste rappelle que les luttes sont interconnectées et que chaque geste compte. Dans un contexte de désengagement croissant de certains États envers l’aide internationale, cette bande dessinée propose un message clair : la solidarité n’est pas une option, mais une nécessité.
Luc Allaire
