Melissa a soufflé, inondé, ravagé

Le passage de l’ouragan Melissa à la fin d’octobre en Haïti n’a peut-être pas causé la mort de personnes dans les zones des partenaires de l’AQANU, mais il a provoqué de nombreux dégâts. Les vents violents et les pluies torrentielles ont cependant fait mourir des bêtes, déraciné des arbres, dévasté des champs.

Dans les quatre localités de la commune de Corail, notamment, on a dénombré près de 5000 familles sinistrées, une dizaine de milliers de champs dévastés, plus de 700 bêtes mortes (poules, cabris, moutons, bœufs, cochons) et 129 disparues, plus de 5000 arbres dévastés.

À cela, il faut ajouter les dommages causés aux maisons et aux routes, à la crue des eaux, ce qui a eu pour effet de contaminer les sources d’eau potable.

Des pluies torrentielles ont fait des ravages à Corail. (Photo gracieuseté)

Ces données sont tirées d’un rapport du Comité communal de gestion des risques de désastre (CCGRD) que nous a fait parvenir Michel Décoste, membre de l’AQANU-Outaouais. Lui et sa conjointe, Gertha Janvier, ont créé L’Amicale pour le développement de Corail (ADC), toujours préoccupés par le sort de la population de leur lieu d’origine.

À distance, Michel a communiqué avec une dizaine de personnes résidant à Corail, celles-ci lui ayant confié leurs difficultés.

Elles ont nommé l’inquiétude et la peur généralisées, occasionnées par la fermeture des routes donnant accès au département de la Grand’Anse, la vie chère causée par la montée vertigineuse du coût des produits de première nécessité, sans compter la rareté de la nourriture.

Des résidents ont également parlé de ces personnes qui, pourtant, occupent un emploi, n’ont pas reçu de salaire depuis trois mois.

La famine sévit dans les familles les plus défavorisées, les écoliers ne mangent pas à leur faim de sorte que les parents réclament le retour de la cantine scolaire.

Certains enfants sont chassés de leur école parce que leurs parents ne peuvent payer les frais de scolarité. Et encore, il faut dire que les écoles n’ouvrent que par intermittence.

Certains parents sont sans nouvelles des membres de leur famille qui résident à Port-au-Prince.

«Les résidents Grand’Anselais se sentent désemparés, dépassés par les évènements et impuissants devant de tant de difficultés», rapporte Michel Décoste.

Il ajoute que les parents contactés espèrent recevoir un peu d’aide pour s’acheter de la nourriture très dispendieuse et payer les montants dus aux écoles de leurs enfants et ainsi assurer leur retour après la crise.

Il conclut que cette situation de misère généralisée se constate dans les familles, dans les écoles, dans les églises et dans les rues. «Si cette crise dure un autre mois, la famine risque d’attaquer toutes les couches sociales.»

Du côté des PSST

Du côté de nos partenaires, les Petites sœurs de Sainte-Thérèse (PSST), sœur Marie-Jeanne Petit Jean rapporte que la tempête a fait disparaître les jardins de bananiers et de haricots des fraternités de sa congrégation à Beaudin/Jacmel ainsi qu’à Marfranc/Jérémie. Les animaux et les jardins ont également été ravagés à Abricot/Jérémie.

Melissa a dévasté des plantations (Photo tirée d’une vidéo)

Au Vieux Bourg d’Aquin, les grands vents et beaucoup d’eau n’ont toutefois pas causé de dommages.

Et à Thomonde

De Thomonde, dans le département du Centre, Melissa n’a pas causé de dommages, se réjouit Wilson Archange St-Brun, un partenaire avec qui l’AQANU-Bois-Francs a œuvré pour le projet de renforcement de la filière caprine.

Il dit que le soleil s’est caché pendant trois jours, que la population de cette zone n’a reçu que quelques gouttes de pluie. Melissa a heureusement épargné ce département haïtien.

Deux vidéos nous illustrent les dommages qu’a causés le passage de Melissa à Corail.

https://youtube.com/shorts/9IBB8n55Fto?feature

https://youtube.com/shorts/TwooxAbgy6s?feature=share

 Hélène Ruel

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