La formation en ligne s’offre au public haïtien

La formation en ligne s’offre au public haïtien

Non seulement l’enseignement à distance peut bénéficier aux profs et aux élèves inscrits aux programmes de l’École de formation professionnelle Mark Gallagher (ÉFPMG) en Haïti, mais il pourrait rejoindre la population désireuse de suivre un cours.

C’est l’expérience que l’établissement situé à Rivière-Froide en Haïti a tentée en offrant au public la possibilité de s’inscrire à un cours en ligne.

L’enseignant Thomas Sanon, également adjoint de la directrice de l’École de formation professionnelle Mark Gallagher, offre son cours sur la plateforme de la BAI. (Photo gracieuseté de l’École de formation professionnelle Mark Gallagher)

L’expérience se déroule dans la foulée de la première phase du projet que l’AQANU-Outaouais a financé l’an dernier, visant à former des enseignants de l’ÉFPMG à dispenser leurs cours à distance. Le Cyber-bulletin de mars 2023 en avait fait état : https://aqanu.org/magique-lenseignement-a-distance-surtout-en-haiti/

Les éducateurs peuvent, de cette façon, joindre leurs élèves peu importe où ces derniers se trouvent.

En Haïti particulièrement, l’enseignement à distance favorise la poursuite des études, alors que les transports sont périlleux en raison de la pénurie d’essence, mais aussi parce que les gangs bloquent des routes. Fréquemment, les écoles doivent fermer pour assurer la sécurité du personnel et des élèves.

Dans une salle du cours d’entrepreneuriat. (Photo gracieuseté de l’École de formation professionnelle Mark Gallagher)

Après la première phase du projet au cours de laquelle des enseignants des programmes de Technique agricole et d’Hôtellerie  ont appris à réaliser des vidéos, à créer des classes virtuelles pour verser leur enseignement sur la plateforme de la Boîte à innovations (BAI), la directrice de l’ÉFPMG, sœur Eugénie Jeudy, a, en quelque sorte ouvert la porte un peu plus largement.

Certes, le nombre d’inscriptions n’était pas à la hauteur des attentes et de la proposition puisque l’École avait lancé une invitation au public pour cinq cours différents.

Peut-être que l’actuel climat en Haïti, le peu de ressources financières et matérielles dont dispose la population y sont pour quelque chose dans le nombre restreint d’inscriptions, signale Marie Lissa Guérin, responsable du projet TIC-BAI pour l’AQANU-Outaouais. «Peut-être aussi a-t-on manqué de canaux de communication pour rejoindre le public», ajoute-t-elle.

Quoiqu’il en soit, un cours en ligne sur l’entrepreneuriat est actuellement offert par les enseignants de l’École. C’est dire que dans sa classe à l’École de Rivière-Froide, un enseignant peut dispenser son enseignement aux élèves qui se trouvent en sa présence et à des personnes à l’extérieur de l’établissement.

Une autre classe d’élèves en entrepreneuriat. (Photo gracieuseté de l’École de formation professionnelle Mark Gallagher)

En se branchant au module de la plateforme de la Boîte à innovations, les élèves de l’extérieur peuvent, par leur téléphone ou leur ordinateur, apprendre à leur rythme, même, si besoin, communiquer avec l’enseignant. Ce dernier peut, incidemment, suivre les progrès des élèves de sa classe virtuelle.

Le projet soutenu financièrement par l’AQANU-Outaouais marquait une première incursion en terre haïtienne pour la BAI, créée par le Québécois Tony Simard il y a près de 15 ans. Sa plateforme était, jusque-là, surtout utilisée en Afrique.

Simard était présent à l’assemblée générale annuelle de l’AQANU en novembre dernier, témoignant ainsi de son enthousiasme pour les expériences d’enseignement à distance en Haïti.

Tony Simard de la Boîte à innovations était présent à l’assemblée générale annuelle de l’AQANU en novembre dernier. On le voit ici en compagnie de Marie Lissa Guérin, responsable du projet TIC-BAI et au secrétariat de gouvernance de l’AQANU. (Photo Hélène Ruel)

Actuellement, il travaille à préparer les questions d’un examen afin d’évaluer les compétences acquises à l’issue des cours en ligne, les élèves haïtiens désireux que leur formation soit reconnue par un certificat. Pour la BAI, la certification pour des cours en ligne constitue une première.

L’AQANU-Outaouais continue de s’engager dans ce projet TIC-BAI, en sollicitant contributions et subventions. Cela pour fournir les outils appropriés afin d’améliorer la qualité des images et du son des vidéos versées sur la plateforme de la BAI. D’offrir des contenus en créole figure toujours parmi les visées haïtiennes.

La possibilité d’offrir des cours en ligne fait en quelque sorte l’objet d’une promotion, sœur Jeudy profitant de l’expérience acquise à l’ÉFPMG pour la faire connaître aux écoles primaires et secondaires de sa communauté.

Hélène Ruel

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